La ville Le Havre

Description

Description

Le Havre, ville et port de Normandie

Fondée par François Ier, la ville du Havre a pris une place prépondérante dans l’économie française dès le  XVIIIe et XIXe s. Les bombardements de 1944 provoquent une rupture dramatique pour ses habitants. Leur ville est défigurée. La ville du Havre, en grande partie détruite pendant la Seconde Guerre mondiale a su renaître et grâce à l’inscription au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO de son centre-ville, elle est devenue une destination en vogue. En effet, ce site contemporain caractérisé par l’utilisation du béton, de préfabriqués dont des modules de 6,24 mètres de longueur exclusivement, revêt une esthétique unique par l’homogénéité de ses mesures et ses matériaux. Aujourd’hui, les projets urbains et portuaires s’enchaînent pour relever les défis économiques et sociaux du XXIe siècle tout en préservant sa modernité esthétique.

Le Havre est désormais une ville où il fait bon vivre.

plage du HavreDes origines à la fondation de la ville du Havre

L’embouchure de la Seine a depuis toujours été un lieu de passage. On a retrouvé des vestiges attestant de la présence humaine dès 400.000 avant J-C. Des populations celtes (calètes)se sont installées plus tard, à l’âge de fer, composant un habitat regroupé en hameaux.

L’antiquité voit la Seine essentielle aux transports des marchandises et matériaux utiles au ravitaillement des villes gallo-romaines tout au long du fleuve, de la Saône jusqu’en Bretagne.

Rome laissait l’autonomie de gestion aux vaincus pour les affaires courantes, ainsi trois cités se sont érigées en chef-lieu à cette époque : Rouen (Rotomagus), Lillebonne (Juliobona) et Évreux (Mediola Num Aulercorum) et Harfleur (Caracotinum) bourgade à l’arrière du site de la ville du Havre.

À partir de l’an 260, des raids barbares (francs et saxons) obligent les Gallo-Romains à enterrer leurs trésors, dont celui retrouvé à Sandouville à quelques kilomètres du centre du Havre, qui prouve que la région était occupée. C’est à cette époque que les cités élèvent des murs d’enceinte pour se protéger. C’est également les débuts de la christianisation qui sera le ciment entre l’antiquité et le moyen-âge.

En 841 les raids et les pillages des Vikings qui remontent l’estuaire de la Seine reprennent, mais  quelques familles s’installent. Des hameaux sont référencés sur les cartes du moyen-âge : Saint-Denis en Caux, Ingouville et Leure où sera édifiée l’église Saint Nicolas de Leure qui disparaîtra sous les coups de l’érosion.

Le prieuré de Graville, d’abord ermitage au VIe s, fut fondé en 1050 par Guillaume Malet Seigneur du lieu. Il se développa pour devenir un haut lieu de pèlerinage grâce aux reliques de Sainte Honorine. C’est le plus vieil édifice du Havre tandis qu’il est fait mention d’un port à partir du XIe s, servant d’abri pour les navires dans l’attente de la marée montante pour atteindre Harfleur alors port commercial. Ce même Seigneur, compagnon de Guillaume le Conquérant se fait élever un château à Graville.

La guerre de Cent Ans provoqua la destruction des ports de Harfleur et de Leure et un siècle plus tard, la crainte d’un débarquement anglais n’est toujours pas éteinte. De plus, l’ensablement des vieux ports dans un temps de développement économique sans précédent incite le roi François 1er à créer le port du Havre.

La fondation du Havre

Le roi François Ier, fondateur du port du Havre.

Le 8 octobre 1517, François Ier signe la charte de fondation du port. Les plans d’aménagement sont sous l’autorité du vice-amiral Guyon Le Roy qui entreprend en premier ouvrage la construction de la tour « François 1er » qui garde l’entrée du port. Le chantier sera difficile et compliqué à cause de la terre marécageuse sur lequel la ville est construite mais aussi à cause des nombreuses tempêtes qui balaient régulièrement le pays.

Malgré tout, en octobre 1518, le port du Havre accueille ses premiers navires et le port reçoit la visite du roi deux ans plus tard qui rend perpétuels les privilèges des Havrais leur donnant également le droit d’arborer l’hermine royale. Le Havre devient un des points de rassemblement de la flotte française pendant les guerres et le point de départ pour les campagnes de pêche de Terre Neuve.

Carte Le havre

Crédits photo : archives.lehavre

Les Amériques sont désormais une destination attractive et Le Havre voit partir des explorateurs pour le Nouveau Monde et leurs retours avec des bateaux chargés de produits de ces lointaines contrées.

A partir de 1540, François 1er diligente Girolamo Bellarmato, un architecte italien pour construire le quartier Notre-Dame et de le prolonger par le quartier de l’église Saint-François où il prévoit un plan en damier. Il est en charge également d’améliorer les fortifications du Havre de Grâce en plaçant le long de la courtine rectiligne des bastions ouverts en leur donnant une forme triangulaire. Ce type de fortification est très novateur et une des premières édifiées en France.

Dix années plus tard, Le Havre est doté de son hôtel de ville, d’une halle aux grains, d’une école, d’un hôpital, de l’amirauté et les sièges de la Vicomté et du baillage.

En 1541, le roi décida d’intégrer les territoires de la paroisse d’Ingouville appartenant au seigneur de Graville au domaine royal assurant ainsi définitivement la reconnaissance de ces terres comme étant celles de la ville du Havre-de-Grâce. Il dédommagea Graville et peut ordonner l’élévation d’une tour clocher qui deviendra  après moult transformations l’église Notre-Dame-de-grâce définitivement achevée en 1646.

Le Havre, place militaire contre la menace anglaise

Les guerres de religion

Le 8 mai 1562, les protestants prennent la ville, ils saccagent et pillent les églises et jettent hors des murs de la ville les habitants catholiques. Quant aux réformés restés sur place, sachant que les troupes royales tenteront de reprendre la ville, ils appellent les Anglais à leur secours. Comme le stipule le traité de Hampton Court, 3000 soldats anglais sont envoyés au Havre tandis que Rouen est préservé. Ce traité félon qui visait pour la reine Elizabeth 1ère à reprendre Calais, amènera au final un sursaut de certains Français protestants et catholiques à cesser les conflits. Les troupes de Charles IX emmenées par le connétable de Montmorency parviennent le 29 juillet 1563 à reprendre Le Havre et expulser les Anglais.

De nouvelles fortifications et un nouveau port

Le fort qu’avaient bâti les Anglais fut démonté et la tour de Notre-Dame  abaissée sur les ordres du roi de France tandis qu’il exige l’édification d’une nouvelle citadelle qui sera achevée en 1574 avant que de nouvelles fortifications soient mises en place à partir de  1594. Ainsi, le rôle défensif de la ville du Havre et de son port est réaffirmé.

La modernisation du port débute sur ordre de Richelieu, gouverneur de la ville avec la création de l’arsenal et du bassin du Roy.  Quand la forteresse fut construite, elle servit de prison à Mazarin  qui fit  emprisonner les princes frondeurs, Longueville, Conti et Condé.

D’autres travaux d’aménagement commencèrent à partir des 1565, voulus par Colbert et Vauban : le canal pour relier le port d’Harfleur à celui du Havre en évitant l’estuaire de la Seine. Il sera mis en service en 1667, appelé « canal Vauban », il sera comblé en 1960 pour créer une voie rapide.

Le développement de la cité maritime

Le port du Havre tourné vers les colonies

C’est au cours du XVIIe s que la ville du Havre affirme sa vocation maritime et internationale avec notamment la Compagnie de l’Orient. On poursuit l’importation des produits exotiques venus des Amériques (sucre, coton, tabac, café et diverses épices). En effet avec le commerce de l’esclavage, les colonies d’outre-mer ont fructifié et ont enrichi les négociants des grands ports français. Le Havre est le troisième port après Nantes et La Rochelle pratiquant la traite des noirs avec 399 expéditions négrières aux XVIIe et XVIIIe s.

Sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV le commerce est freiné par les nombreux conflits avec Les Anglo-Hollandais qui bombardent la ville à plusieurs reprises.

Le Havre, ville plébiscitée

Toutefois, les négociants du Havre font fortune et se font construire de belles résidences d’abord dans le quartier Saint François comme les capitaines havrais Michel Dubocage et Jean-Baptiste d’Après de Mannevillette puis à partir du XVIIe s sur la côte.  Le Havre commence à avoir une notoriété certaine, ainsi c’est cette ville qui est choisie par le roi Louis XV pour céder au désir de Madame de Maintenon de voir la mer…

L’essor économique se poursuit avec la création d’institutions prestigieuses: une manufacture du tabac, l’école royale de la Marine (1773) ou l’extension de celles déjà existantes : expansion des chantiers navals, un nouvel arsenal, une bourse de commerce.

En 1786, dans la nuit du 4 au 5 janvier un incendie effroyable détruit une partie de la ville. Le roi  lors de sa visite diligente François Laurent Lamandé pour reconstruire la ville tout en agrandissant sa surface : elle sera quadruplée.

Le Havre sous la Révolution

Le Havre, deuxième port après Nantes poursuit son commerce triangulaire et il faut attendre l’abolition de l’esclavage pour tourner la page peu reluisante de son histoire.

Malgré l’arrêt des expéditions négrières lucratives, Le Havre continue d’avoir une activité importante du fait des enjeux stratégiques: la livraison des céréales pour la capitale et la défense du royaume face aux Anglais.

Dès 1789, le Havre est plutôt favorable à la Révolution, elle élit ses délégués et forme sa garde nationale. En 1793, comme partout, c’est le marasme économique avec une année de régression économique à cause des insurrections et de la guerre aux frontières. L’église Notre Dame sous la terreur devient le temple de la Raison.

L’An VIII (1799)  Le Havre est proclamé préfecture. Napoléon prend le pouvoir et ordonne la construction de forts supplémentaires. A cette époque, l’insuffisance générale de l’aménagement des quais. Pendant le blocus provoqué par la guerre avec l’Angleterre,  les activités sont réduites tandis que celles des corsaires explosent ! La régression économique entraîne une baisse de la démographie importante.

La renaissance de la cité du Havre

Le XIXe s, la prospérité

La fin de la guerre et la normalisation des relations avec l’Angleterre provoquent une recrudescence des activités. La chambre de commerce et la compagnie du port, en complément des aides de l’état, assurent le financement  de la construction de nouveaux bassins indispensables à l’essor du traffic de marchandises.

Cependant, la faillite au début du siècle des manufactures de tissage du nord entraîne un afflux d’indigents dans le quartier Saint François devenu insalubre de . Des épidémies de choléra, de typhoïde, l’alcoolisme sont la cause de centaines de morts, et la mortalité infantile frappe les populations les plus démunies dans la période allant de 1830 à 1850.

Paradoxalement, la cité havraise ne cesse d’augmenter sa croissance et attire nombre d’entrepreneurs venus d’autres régions voire d’autres pays. Ainsi, des familles de protestants allemands qui avaient capté le négoce du café pendant la Révolution haïtienne font du Havre le pilier de la caféiculture européenne.

L’état intéressé à la réussite de cette vitrine tournée vers le monde, investit dans de grands projets et la commune dans des travaux de modernisation urbaine : la construction d’une nouvelle bourse et du bassin du commerce, l’éclairage au gaz, l’enlèvement des ordures  et l’aménagement des égouts.

L’âge d’or du Havre

A partir de 1850 et jusqu’en 1914, Le Havre vit son âge d’or. La population est en constante augmentation du fait du développement économique de la ville. Les vieux remparts sont rasés afin d’annexer les communes limitrophes. Le commerce explose et la ville se dote d’édifices édilitaires : des grands boulevards, un hôtel de ville, un palais de justice, une nouvelle bourse, entre autres.

Industrie portuaire et modernité

Les usines sont tributaires du  trafic portuaire : les chantiers navals, les raffineries de sucre, les  fabriques de cordes et tout ce qui est en relation avec l’industrie et le commerce maritimes.

Ainsi en 1831 apparait la première drague à vapeur et les premières hélices sont fabriquées au Havre en 1833. Les chantiers de construction navale se développent avec la construction des docks et des magasins généraux;  le chemin de fer vient désenclaver la ville en 1848. Peu à peu, le secteur tertiaire se développe également. De grands travaux sont réalisés pour améliorer encore l’activité portuaire : la création du bassin de l’Eure en 1855 et la mise en service de l’écluse des transatlantiques en 1862 car les voyages transatlantiques  sont en vogue.

Puis en 1887, l’ouverture du bassin Bellot permet les mouillages atteignant 9 mètres. Suivra en 1895  la réalisation d’un nouveau sas (Quinette de Rochemont) de 241 m. de long flanqué d’un vaste avant-port doté du quai Eseale en eau profonde qui seront tous deux inaugurés en 1911. Tous ces aménagements préfigurant ce qui allait permettre d’accueillir les géants des mers comme le France ou le Normandie (1935).

Transatlantique

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Le port à la veille de la Première Guerre mondiale est devenu une place essentielle dans les flux de marchandises en Europe et est une porte privilégiée pour celles venant des Amériques et pour les candidats à l’immigration vers les Etats-Unis.

Mais aussi pour les activités pétrolières qui se développent rapidement avec nombre d’aménagements:  une première darse pétrolière , le quai de Floride et le quai Johannès Couvert, le deuxième bassin pétrolier  et du Môle Oblique.

Ainsi le port du Havre  pouvait se targuer à la veille de la première guerre mondiale d’être  l’un des mieux équipés du continent européen même si ces installations étaient davantage une succession d’aménagements poussés par nécessité plutôt qu’un port pensé dans la globalité.

De plus, Le Havre, grâce à spécialisation sur les produits à forte valeur ajoutée et la capacité de ses négociants à concentrer l’activité européenne sur certains produits, le Havre devient à partir de 1871, le seul “port de marché”  parmi les sites français. Ainsi,  le marché à terme havrais, après le coton et le café en 1883, prend sa place sur les marchandises comme les fines laines en 1887, l’indigo en 1888, les poivres en 1891, le cacao en 1897, les caoutchoucs en 1906, les peaux en 1907 et les cuivres en 1912.

Le Havre, station balnéaire

À la fin du XIXe s, la ville du Havre attire les Parisiens de la nouvelle bourgeoisie et s’embellit avec son nouveau statut de station balnéaire. En effet, en 1889 le boulevard maritime est aménagé, dominé par la villa maritime construite l’année d’après. Puis suivent le palais des Régates en 1906, le casino Marie-Christine en 1910 et sur la plage, on pose les premières cabanes. C’est la splendeur de la Belle Époque qui précédera le temps des guerres.

 

Le Havre, face aux conflits mondiaux.

1914-1918, Le Havre base arrière des alliés

Le front de la Première Guerre mondiale étant situé plus au nord, la ville est épargnée de la ruine. Cependant, Le Havre restant un port défensif, plusieurs navires sont torpillés par les sous-marins allemands. Pendant tout le temps que dura la guerre, Le Havre servit de base arrière pour les alliés, surtout pour que puissent débarquer les soldats britanniques qui seront 1,9 million à transiter par la ville.

Dans les usines havraises, la fabrication d’armes bat son plein : Schneider avec 12 000 ouvriers dont 6 500 femmes, les entreprises de métallurgie Caillard ou de construction navale Augustin-Normand. 35000 personnes sont ainsi mobilisées à produire des obus et des canons.

Après que son pays soit presque entièrement occupé, le gouvernement belge, trouvera refuge à Saint-Adresse, une commune de la banlieue du Havre et y restera durant toute la guerre. Cependant, le roi Albert 1er garde le commandant de son armée défendant le dernier morceau de territoire resté libre.

L’entre-deux-guerres au Havre

Après la guerre, l’économie est exsangue et la crise monétaire a ruiné nombre de rentiers qui ont fui la ville qui est devenue en majorité ouvrière. Toutefois, l’activité du port reste prépondérante dans cette Europe à ravitailler même si les mesures protectionnistes freinent le développement du commerce.

Le port à la veille de la Deuxième Guerre mondiale est toujours une place essentielle dans les flux de marchandises en Europe et est une porte privilégiée pour celles venant des Amériques et pour les candidats à l’immigration vers les États-Unis. Ainsi, le secteur du transport de voyageurs poursuit son ascension avec 500 000 passagers en 1930.  Comme prévu dix années auparavant, Le paquebot Le Normandie rallie New York en 1935.

Toutefois, la croissance est ralentie car en plus de la régression économique due à la crise de 1929, les ports du nord de l’Europe rattrapent leur retard et deviennent très concurrentiels.

Malgré tout, les importations pétrolières en forte hausse ce qui induit la construction de raffineries dans la partie est du Havre et un réaménagements des installations portuaires avec : une première darse pétrolière (1926), le quai de Floride et le quai Johannès Couvert (1929), le deuxième bassin pétrolier (1932) et du Môle Oblique(1934).

En 1936, des grévistes occupent l’usine Breguet : c’est le début des mouvements ouvriers d’où émergera  le Front Populaire.

Deuxième guerre mondiale, destruction massive de la ville

Le  “Festung du Havre” forteresse allemande

Dès le printemps 1940, les Allemands occupent Le Havre  ce qui provoque le départ massif des Havrais. L’armée d’occupation, en vue de l’ invasion de l’Angleterre, lopération Seelöwe, implante une base navale et aménage une forteresse connue sous l’appellation Festung du Havre. C’est un ensemble de constructions défensives qui représentent 400 ouvrages de toutes tailles servant d’abri aux soldats, aux matériels contre une attaque via la terre. Cette barrière défensive s’étale sur toute la plaine nord avec un fossé antichar qui va de Montvilliers jusqu’aux falaises de Octeville et d’immenses champs de mines à forte densité empêchant toute intrusion. À l’arrière de ses lignes, des fermes fortifiées  et des casemates complètent le dispositif.  Ensuite, deux obstacles naturels permettent la défense allemande, au sud l’estuaire de la Seine et à l’est la vallée de la Lézarde inondée grâce à la fermeture des écluses.

Quant à l’accès par la mer, de puissantes batteries et bunkers sont installés tout au long de la côte, aménagements intégrés au Mur de l’Atlantique.

La résistance des Havrais

Comme dans toutes les villes surveillées de très près par les Allemands, la vie quotidienne des Havrais est devenue très difficile. La politique antisémite sévit et le maire Léon Meyer, d’origine juive, est contraint de démissionner. La résistance s’organise et donne naissance à deux groupes principaux : le groupe du lycée du havre et le Vagabond bien Aimé, qui deviendront essentiels dans le renseignement et les actions de sabotage au moment du débarquement du 6 juin 1944.

Le cataclysme des bombardements

Entre 1944 et 1945, le Havre a subi 132 bombardements planifiés par l’armée britannique

Dès 1942, le quartier de la gare est anéanti. En 1944, la journée du 12 juin voit les bombardements de la ville par l’aviation anglaise qui implacable les enchaînent les 14 et 15 juin. Mais c’est surtout les 5 et 6  septembre pendant l’opération Astonia menée par les alliés pour affaiblir l’occupant que les bombardements seront les plus meurtriers et détruiront en grande partie la ville. Les avions bombardiers de la Royal Air Force ont programmé plus de 2 000 sorties et ont déversé 10 000 tonnes de bombes sur Le Havre.

Ci-dessous le quartier Saint-Joseph et le square Saint-Roch

Quartier Saint-Joseph et square Saint-Roch

Par My father — My father, CC BY-SA 1.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=23259336

Malgré le succès grandissant du débarquement, la guerre est loin d’être terminée, surtout sur les sites lourdement armés et défendus par les allemands. Jusqu’à la libération, où dans un sauve-qui-peut destructeur, les Allemands coulent les navires encore au port et détruisent l’ensemble des installations portuaires.

La ville, après ce calvaire qui marqua durablement les habitants, est enfin libérée par les troupes alliées le 12 septembre 1944.

Le bilan des bombardements est lourd : 5 000 morts (dont 1 770 en 1944), 75 000 à 80 000 sinistrés, 150 hectares rasés, 12 500 immeubles détruits. Le port est également dévasté et quelque 350 épaves gisent au fond de l’eau.

Après la guerre des voix s’élèveront sur l’inutilité et l’excès de ces bombardements. En effet, le port était déjà inutilisable, la garnison allemande était placée sur les hauteurs de la ville et l’état-major allemand était logé loin du centre-ville.

La reconstruction planifiée

Le général de Gaulle vient saluer Le Havre le 7 octobre 1944 et le 18 juillet 1949, elle reçoit la Légion d’honneur pour « l’héroïsme avec lequel elle a supporté ses destructions ».

Au printemps 1945, le ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme confie le projet de la reconstruction du centre-ville à Auguste Perret. Son projet est de faire table rase des anciennes structures et de réinventer les espaces en appliquant les théories du classicisme structurel. Pour ce faire, il retient le béton comme matériau pour l’édification des nouveaux bâtiments, organisés sur un plan orthogonal. Il faudra quinze pour achever la reconstruction du centre-ville. Le musée de la ville ayant été détruit, le musée d’art moderne et une première maison de la culture est élevée en 1961avec la présence honorifique d’André Malraux, ministre de la Culture.

Le Havre s’agrandit avec une succession d’annexion : Bléville en 1953, Sanvic en 1955 puis Rouelles en 1963 et 1973).

Le Havre, les grandes mutations

Du fait de la désindustrialisation et du changement de la vie sociale et culturelle, la crise économique s’installe à partir des années 1970. En effet, l’abandon en 1974 de la traversée transatlantique du paquebot France vers New York, la crise pétrolière et la fermeture des ACH montrent les difficultés économiques majeures auxquelles la ville doit faire face.

Le Havre a réagi au cours des dernières décennies en s’orientant vers le secteur tertiaire.  Avec à partir des années 1980 l’ouverture de l’université, le développement du tourisme, et la modernisation du port (Port 2000). Sa vitrine culturelle grandit avec la création de la deuxième maison de la culture, surnommée « le volcan » en raison de sa forme, réalisée en 1982 par l’architecte brésilien Oscar Niemeyer.

Oscar Niemeyer-Architecte mumaUne visite des quartiers du Havre

La ville basse

Le centre-ville , le quartier Saint François et celui de la gare ont été les plus touchés par les bombardements. Aujourd’hui, ils sont la vitrine du Havre, reliés par les grands bassins, dont ceux de la barre, du Commerce et Vauban apportant une identité unique au centre ville. Des passerelles de ligne sobre et épurée permettent d’aller d’une rue à l’autre.

Aujourd’hui, la ville est équilibrée, distribuée autour de plusieurs quartiers ayant chacun leur identité. Ceux de Notre-Dame et du Perrey sont essentiellement résidentiels quand celui des Halles est l’un des pôles commerciaux de la ville. Quant au quartier Saint-François, reconstruit après la guerre, il possède un style architectural radicalement différent avec des immeubles en briques coiffés de toits à double pente en ardoise. C’est le quartier des restaurants et du marché aux poissons.

À l’est et au nord du centre-ville reconstruit, les quartiers de Danton, Saint-Vincent, Graville, Massillon ont été épargnés de la destruction. L’habitat, généralement en briques, date du XIXe s et de la première moitié du XXe s. La rue Durécu, montre combien il y avait de gravats à l’issue de la guerre. En effet, une dizaine ont l’entrée en contrebas de la chaussée ce qui marque l’ancien niveau des constructions avant les bombardements.

Les quartiers sud du Havre ont été longtemps marqués du sceau de l’industrie et des activités portuaires.  L’habitat ouvrier se repère par des bâtiments en brique du XIXè s et des grands ensembles comme (Chicago, Les Neiges) côtoyant des entrepôts, des bassins et des installations portuaires,  des infrastructures de transport et aujourd’hui des lycées et des entreprises comme les concessions automobiles nécessitant de l’espace.

Ces quartiers bénéficiant de subventions européennes de redynamisation ont été grandement restructurés. Ainsi, les docks appelés aujourd’hui « dock Océane », « dock café » et «dock Vauban» sont devenus salle de sport et de spectacles, centre commercial et parc des expositions. L’architecte Jean Nouvel a dessiné « Les Bains des Docks », complexe aquatique.

D’autres installations de prestige, Sciences-Po Europe Asie,  l’INSA et l’ ENSM (École nationale supérieure maritime), l’ISEL (Institut supérieur d’études logistiques),  le  pôle médical de la clinique des Ormeaux ont fait le pari d’accompagner la mutation de ces quartiers. Et pour réussir ce développement urbanistique, des logements de nombreux logements , reprenant le style du centre-ville, ont fleuri le long des avenues désormais vivantes.

Le Havre n’en finit pas d’aménager ses installations portuaires, de créer de nouveaux espaces et relève chaque jour le défi d’être une ville dynamique, moderne tournée vers l’avenir sans oublier son passé.

Le HavreLa ville haute

Les quartiers situés sur la « côte », vaste plateau dominant la ville basse sont résidentiels ponctués de quelques barres d’immeubles, prolongés par les quartiers périphériques de Caucriauville composés de grands ensembles.  Le tunnel Jenner qui permet de rallier facilement la ville haute et la ville basse passe sous la côte, sous le cimetière Sainte Marie.

Ce dernier, d’une superficie d’un peu plus de 18 hectares, a été créé en 1851.Agrémenté de nombreux arbres, et d’un jardin du souvenir, ce cimetière paysager est remarquable. Un parcours de valorisation culturelle vous permet d’appréhender l’évolution du style architectural des sépultures identifiées par des panneaux d’information. Un guide conférencier agréé par le Ministère de la Culture est proposé à la visite sur inscription. Il existe également deux balades numériques : le circuit des arts et le circuit de la mer qui vous permettent de repérer les tombes d’illustres Havrais et Havraises avant votre visite.

Le quartier saint Adresse promet de belles surprises architecturales  grâce à des maisons de style balnéaire du XIXe s. Place Frederic Sauvage, un inventeur génial du Havre, vous pourrez admirer  au style néo-classique.  Il accueillit le gouvernement belge pendant la Première Guerre mondiale d’ailleurs une boîte aux lettres rouge   qui date de 1914-1918 est le témoin de cet épisode historique.   Ce bâtiment abrita également  de 1944 à 1946 le siège de l’armée américaine pour la reconstruction de la ville dévastée par les bombardements. Cet immeuble est le seul rescapé de tous les équipements  de prestige datant de cette époque. Aujourd’hui c’est un immeuble qui distribue des appartements aux particuliers.

Patrimoine architectural Le havre

Immeuble Defayel, place Fréderic Sauvage

Egalement sur le plateau sont perchés les deux forts de la ville :

Le fort de Saint Adresse pour prévenir une attaque navale et le fort Tourneville pour héberger les troupes. Le fort de la frileuse sur le quartier d’Aplement fut démantelé, il n’en existe rien aujourd’hui contrairement à ses deux compères.

Le fort Saint Adresse

Depuis sa fondation en 1517 et afin de répondre aux besoins des négociants et industriels les fortifications ont reculé vers le nord et l’est laissant place à une urbanisation indispensable avec la forte croissance de la ville qui absorbe  au XIXe siècle, les communes de l’Eure et Ingouville au moment  de la destruction des fortifications. Elles seront remplacées par trois forts en ville haute.
C’est une entreprise locale (Garnier) qui construisit Le Fort de Sainte-Adresse grâce notamment à une main-d’œuvre constituée de 400 prisonniers russes issus de la guerre de Crimée. Après la guerre de 1870 le fort est reconnu obsolète, ne pouvant rien contre les obus torpille perçant les talus des bastions et les voûtes maçonnées.
Cependant, le fort désarmé restait prêt à l’être à nouveau en cas de nouvelles attaques. Ses alentours servirent de camps aux troupes britanniques durant toute la Première Guerre mondiale.
Puis dans l’entre-deux-guerres, un peloton de gendarmerie et de garde républicaine mobile l’occupa.

Après 1940, Le Fort tomba aux mains de l’armée allemande et il fut intégré au mur de l’atlantique. A la libération, les Allemands retranchés à l’intérieur finirent par se rendre aux Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) appuyés par le 5/7th Gordon Highlanders. Les Américains y installèrent le « Home Run », un centre de convalescence.
Puis en 1963, un centre d’entraînement commandos s’installera dans le Fort pendant une dizaine d’années.
Depuis 2008, le fort a été réhabilité en jardins suspendus grâce à son rachat par la ville en 2005.

Le fort de Tourneville

Quant au fort de Tourneville, après avoir été déclassé, il servit de caserne aux régiments d’infanterie en garnison de 1890 à 1976.Racheté en 1989 par la ville, il accueille les archives municipales et plusieurs associations culturelles ou de mémoire dont le projet Tetris, un pôle de musiques actuelles doté de salles de concerts et de studios de répétition.

Le Havre, ville culturelle

Musées de la Ville du Havre

  • Maison de l’armateur
  • Le musée d’art moderne André-Malraux (MuMa) possède la plus importante collection d’impressionnistes, derrière celle du musée d’Orsay.
  • Le musée de l’Ancien Havre
  • Le Musée du Prieuré de Graville
  • Le Muséum d’histoire naturelle.
  • L’appartement-témoin reconstitue un lieu de vie quotidienne des années 1950 dans le centre ville recrée par l’architecte Perret

Appartement centre-ville Le havre

Appartement témoin centre-ville Le havre

appartement témoin-Le havre

appartement témoin-Le havre

Appartement témoin Auguste perret

  • Le musée maritime

Le Portique, Centre d’art contemporain

Patrimoine religieux de la ville du Havre

  • La cathédrale Notre-Dame-de-Grâce a la particularité de mêler différents styles architecturaux, dont le flamboyant, le style Renaissance, le Baroque et le classique. Ses différentes transformations s’effectuèrent entre la fin du XVIe s et le milieu du XVIIe s. Grandement endommagée au moment des bombardements de la Seconde Guerre mondiale, Auguste Perret l’inclut dans la reconstruction du quartier la sauvant ainsi de la destruction. Elle fait encore aujourd’hui l’objet de travaux de rénovation.patrimoine religieux Le havre
  • La chapelle Saint-Michel, la plus ancienne de la ville datant du XIe s.
  • L’église Saint-Joseph du Havre édifiée par Auguste Perret, est faite de béton.

auguste Perret

Malgré l’impression massive et homogène que l’on a de ses murs extérieurs,  elle revêt un caractère de transparence et de lumière  quand on pénètre à l’intérieur.

ouvrage beton

  • L’abbaye de Graville est un ancien prieuré fondé vers 1050 Guillaume Malet, compagnon de Guillaume le Conquérant. Ermitage au vie siècle, le site de Graville devint lieu de pèlerinage lorsqu’il accueillit les reliques de Sainte Honorine. Au cours de son histoire, l’abbaye a accueilli d’illustres personnages de notre histoire comme Philippe Le Bel, Henri V d’Angleterre, Charles 1er de Cossé  ou encore Charles  IX. Son église possède un magnifique exemple d’arcs lobés dans la salle capitulaire.

Patrimoine religieux Le havre

  • Les établissements monastiques : Carmel de la Transfiguration, Couvent des Franciscains, Petites sœurs des pauvres entre autres
  • Le temple protestant du Havre alliant l’architecture moderne de Perret et celle du XIXe s.

Le patrimoine vivant

Fest Yves au quartier Saint-François en mai

Festival du livre jeunesse au printemps

Dixie Days un festival de jazz en juin

Polar à la plage en juillet

Z’Estivales animations de rues en été

MoZaïques musiques du monde en été

Corso fleuri en août

Fête de la mer en septembre avec la course qui relie Bahia au Havre

La foire du havre en novembre

Automne en Normandie, de septembre à novembre des concerts du théâtre et de la danse.

Festival rock et musiques actuelles Fin octobre,

Ouest Park Festival

Biennale d’art contemporain

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  • By valerieJean Biographe
  • Email: nelson.terra@orange.fr

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