Prospère Mérimée: sauveur de patrimoine

Prosper Mérimée, Patrimoine de France, Monuments historiques
Fév 16 2015

Prospère Mérimée: sauveur de patrimoine

PROSPER MERIMÉE: SAUVEUR DE PATRIMOINE

Prosper Mérimée, Patrimoine de France, Monuments historiquesHomme aux multiples talents, il passa sa vie à transmettre le fait culturel au travers  de ses activités littéraires, de sa passion pour les voyages ou de ses charges administratives. Issu d’une famille d’artistes bourgeois, il naît à Paris, près du Panthéon. Il n’est pas baptisé et sa vie durant, il restera fidèle à l’athéisme prôné par son père, Léonor Mérimée, professeur de dessin à l’école polytechnique puis secrétaire perpétuel à l’Académie des beaux-Arts. Sa mère, Anne Moreau, enseigne également le dessin. Ses parents sont installés dans la société intellectuelle avec un relent passéiste qui ne s’inspirent guère des courants artistiques naissants.

 

Une famille peu aisée mais qui reçoit beaucoup d’artistes et pratiquent les langues étrangères. Il étudie au Lycée Napoléon qui deviendra le lycée Henri IV avant de s’orienter dans le droit, et devenir en 1823, comme son grand-père: avocat. Mais il reste quelques années sans exercer et fréquente les salons littéraires de l’époque. A partir de 1825, il se met à écrire et rencontre un beau succès avec ses nouvelles qui lui ouvriront les portes des revues littéraires. Il écrit dans « la revue des deux mondes » et « la revue de Paris ». Pendant cette période, il voyage notamment en Angleterre et en Espagne où il devient l’ami du couple comtal des « Montijo » dont la fille deviendra l’impératrice des français.

 

C’est pendant son voyage en Espagne que la France bascule dans la révolution de Juillet avec l’avènement de Louis-Philippe, dont les idées libérales cadrent bien avec les conceptions politiques de Mérimée. À son retour, il sollicite le poste d’ attaché au Ministère du commerce et de la Marine, qu’il obtient. Il poursuit sa quête par ses voyages en Italie, en Grèce et en Asie Mineure dont il rapportera des carnets de voyage qui approfondissent ses connaissances en matière d’Art et d’histoire. Puis en 1834, il devient Inspecteur général des Monuments historiques. Il prend sa fonction à coeur et parcourt la France entière pour établir le diagnostic des monuments en péril. Quarante années seulement se sont écoulées depuis la Révolution quand il prend ses fonctions. Les destructions et pillages des châteaux et des édifices religieux ont laissé nombre de trésors architecturaux à l’état de ruines. Cette situation dramatique durant la Révolution amène quelques érudits, comme l’Abbé Grégoire, à  « sauver » le patrimoine et à défendre l’idée que les églises et les châteaux font partie de l’histoire de France: il fut de ceux qui sauvèrent le saccage de la Basilique de Saint Denis où reposent les Rois.

 

Paradoxalement alors que le peuple révolutionnaire détruit nombre de bâtiments, émerge le concept de « bien national » préfigurant la création des monuments historiques. Tout est à sauver, tout est à démêler des imbroglios juridiques laissés par la Révolution. La plupart des bâtiments ont été vendus comme bien nationaux et souvent démembrés en lots. La tâche est immense et Mérimée prend la situation à bras le corps n’économisant pas sa peine pour restaurer les trésors de France. En 1835, Prosper Mérimée entame sa tournée d’inspection par l’ouest de la France principalement en Bretagne, et dans le Poitou. Il découvre des trésors architecturaux dans les différentes églises qu’il visite et fera un rapport détaillé des mesures conservatoires à entreprendre d’urgence. Ce sera le premier d’une très longue série.

 

Mais diagnostiquer ne suffit pas: il faut restaurer les églises et autres édifices qui pendant des siècles ne l’ont pas été ou bien sans aucune compétence. La plupart des élus et du clergé considère leurs églises comme utilitaires et non comme des trésors architecturaux dont il faut préserver l’authenticité. Les fresques sont souvent refaites grossièrement voire badigeonnées de blanc pour avoir une apparence de propreté. Mérimée se heurtera souvent à l’incompétence et l’inculture de ses interlocuteurs. Il prend la décision d’employer sur les chantiers des architectes parisiens davantage formés à l’Art et à l’histoire du Moyen âge. De plus, Mérimée est adepte de l’intervention minimale et de la prudence:  » en pareil cas, il ne faut pas prétendre faire bien, ne pas faire mal est déjà beaucoup » se plaît-il à dire. Il confie les premiers chantiers de restauration à son ami d’enfance Eugène Viollet Le Duc comme la Basilique de Vézelay, la cathédrale Notre Dame de Paris et la Cité de Carcassonne.

 

A partir de 1842. Après un inventaire général alarmant, Prosper Mérimée et la commission se heurtent à une problématique épineuse: les crédits doivent-ils être alloués à la restauration complète de bâtiments majeurs ou bien répondre aux multiples urgences par un soupoudrage de crédits? Il choisira une troisième voie intermédiaire faisant la part belle aux monuments de types régionaux majoritairement datant du XIIIe siècle ou bien très anciens. Il se consacre à des travaux d’histoire et d’archéologie. Au fil des ans, Prosper Mérimée acquiert de bonnes connaissances  s’appuyant sur un important réseaux d’architectes compétents mais surtout  il connaît bien les rouages administratifs et sera le précurseur des circulaires fondatrices des services spécifiques aux Monuments historiques et initie ce qui deviendra par la suite la fameuse Base Mérimée: inventaire général du patrimoine culturel français. Après 26 années d’exploration au travers de la France et de multiples demandes de conservation et de restauration pour des églises, des châteaux, des domaines en tous genres, Prosper Mérimée démissionne en 1860 et meurt à Cannes en 1870.

L’héritage de ce pionnier  est immense. Grâce à lui, le pouvoir politique a pris  conscience de l’importance et de la valeur du patrimoine historique. Le classement officiel des monuments et leurs restauration a permis de développer « le tourisme historique et archéologique » qui vaut à la France d’être la première destination touristique du monde.

 Quelques restaurations

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source merimée.culture.fr

Patrimoine religieux, sées

source architecture.religieuse.free

La cathédrale de Sées en 1860 à gauche et la même    à droite aujourd’hui.

 

Notre Dame de Laon en début de restauration au temps de Mérimée et sa photographie actuelle

 

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source mérimée.culture.fr

Tourisme religieux, patrimoine historique

source wikipedia

Oeuvres de Prosper Mérimée.

aquarelle mérimée  Chronique du règne de Charles IX (1829) – La Guzla (1827) – La Jacquerie (1828) – La Famille Carvajal (1828) – Mateo Falcone (1829) – Vision de (1829) – L’enlèvement de la redoute (1829) – Tamango (1829) – Le Fusil enchanté (1829) – Le Ban de Croatie (1829) – Le Heydouque mourant (1829) – La Perle de Tolède (1829) – Federigo (1829) – Histoire de Rondino (1830) – Le vase étrusque (1830) – La Partie de trictrac (1830) – Le Musée de Madrid (1830) – Lettres d’Espagne (1832), Les Combats de taureaux, Une exécution, Les Voleurs, Les Sorcières espagnoles – Mosaïque (1833) –  La Double Méprise (1833) – Les âmes du Purgatoire (1834) – La Vénus d’Ille (1837) – Colomba (1840) – Arsène Guillot (1844) – L’Abbé Aubain (1844) – Carmen(1845) – Il Viccolo di Madama Lucrezia (1846) – Les Deux Héritages (1850) – Marino Vreto, contes de la Grèce moderne (1865) – La Chambre bleue (1866) – Lokis (1869) – Djoûmane (1870)  – Les Espagnols au Danemark (1825) – Une Femme est un diable (1825) – Le Théâtre de Clara Gazul(1825) – La Jacquerie-La Famille de Carvajal (1828) – Le carosse du saint Sacrement  (1829) – L’Occasion (1829) – Les Mécontents (1833)-  Notes de voyages (1835 – 1840) – Notes d’un voyage dans le midi de la France (1835) – Notes d’un voyage dans l’Ouest de la France (1836) – Notes d’un voyage en Auvergne (1838) – Notes d’un voyage en Corse (1841) • Essai sur la guerre sociale (1841) – Études sur l’histoire romaine (1845) – Histoire de Don Pèdre Ier, roi de Castille (1847) – Henry Beyle  (1850) – La Littérature en Russie, Nicolas Gogol (1851) – Épisode de l’Histoire de Russie, Les Faux Démétrius (1852) – Des monuments de France (1853) – Les Mormons (1853) – La Révolte de Stanka Razine (1861) – Les Cosaques de l’Ukraine et leurs derniers attamans (1865) – Ivan Tourguénef  (1868) – Lettres à Panizzi (recueil, 1856) – Une correspondance inédite (octobre 1854-février 1863), avertissement de Fernand Brunetière (1897)

Traductions
– La dame de Pique de Pouchkine(1849) – Le coup de pistolet de Pouchkine (1856) – Apparitions de Tourgueniev(1866) – Le Juif de Tourgueniev (1869) – Pétouchkof de Tourgueniev (1869) – Le Chien de Tourgueniev (1869) – Étrange histoire de Tourgueniev (1870) Posthume – Lettres à une Inconnue