L'île de Madère

Le ponta de Sao Lourenço vue de l’avion à l’aterrissage.

Voyage printanier à Madère


Première étape l’organisation du voyage.

Pour obtenir les meilleurs prix pour les vols, il faut fixer une date de départ et réserver ses vols.

Notre voyage s’est donc concrétisé dès le mois de décembre pour un départ en mars : du samedi 16 au samedi 23 mars 2019.

Bien que ce soit une destination proche et européenne, il faut malgré tout avoir des papiers d’identité en règle. Oups, ma carte d’identité et mon passeport ne sont plus valables. Et oui, nous autre européens avec la libre circulation, nous avons tendance à ne plus vérifier la validité de nos papiers d’identité!

Rendez-vous pris pour refaire les passeports, à J moins 45, on est bien dans les temps sauf que quand il faut se présenter au rendez-vous fixé par la mairie…On oublie : résultat le rendez-vous est repoussé de 25 jours, à J moins 20 jours. On est nettement moins bon!

Donc après avoir posé 200 alertes sur tous les appareils de la maison, enfin on a notre rendez-vous avec tous les papiers en main.

Nous passons une demi-heure à l’enregistrement de tous les formulaires et partons rassurés sur les délais de l’obtention de nos papiers. Il est 10 heures du matin.

Après avoir pris un café au marais, je rentre à la maison et moi qui ne consulte que très rarement mes messages sur mon portable…je regarde et stupeur! J’ai un mail de la mairie qui me dit que ma photo, faite exprès chez un photographe a été refusée! Sarcasme, la photo de Nelson prise dans un pauvre photomaton n’ a  posé aucun problème…

Je fonce chez le photographe en question pour en refaire une. Il me retirera le portrait gratuitement, que je dépose immédiatement à la mairie.

Quelques jours après, nos passeports nous attendent en mairie.

TOUJOURS bien vérifier ses papiers d’identité avant de partir où que ce soit.

Deuxième étape, bon on va où, on fait quoi ?

Madère, région autonome du Portugal, où on parle le portugais donc! Pas un problème pour Nelson.

Je commence à regarder les sites et les agences locales de voyage. Evanéos semble spécialisée pour les îles portugaises atlantiques.

Je cherche un circuit car pour le peu que je connaissais de Madère, je savais que les paysages changeaient entre le nord et le sud et l’est et l’ouest de l’île.

Ce bout de rocher volcanique perdu dans l’Atlantique présentait de nombreux facettes à explorer.

Dès le mois de janvier, je m’adresse donc à Evanéos dans un premier temps pour concocter un circuit. Entre temps Nelson me tope, voulant organiser lui même le parcours…Ma demande était déjà partie mais je n’vais pas encore reçu de réponse. Et quand elle est arrivée, trop tard, la décision était prise, nous élaborerons nous-même le voyage.

J’avais déjà commencé à griffonner sur une carte les choses incontournables à faire sur l’île et à prévoir les étapes…j’ai peaufiné ce travail pour arriver à un circuit qui tenait sur 7 jours.

Le moment était venu de réserver hébergement et transport sur l’île, les billets d’avion étant déjà dans notre dossier voyage!

Nous voici donc Nelson et moi derrière l’ordi pour réserver les nuits d’hôtel. Sachant que nous ferons des longues balades voire randonnée si je tiens le coup…et oui fô grimper quand même, donc nous souhaitons choisir des hôtels qui proposent un SPA.

Après consultations, nous trouvons notre bonheur pour faire un circuit avec changement d’hôtel tous les jours sauf pour les deux derniers jours que nous passerons à Funchal.

CB à la main, c’est parti…

Sans oublier ensuite de photocopier de tous les bons de réservations et de les enregistrer sur l’iphone de Nelson.On est jamais trop prudent!

Anecdotes quant aux voitures de location

Il manque encore la location de la voiture…

Nelson dégotte un prix de location incroyablement bas…à CARJET. Tenté, il réserve. Le lendemain, après avoir vérifié comment se passe la transaction, il s’apercevra que la voiture n’est pas à prendre à l’aéroport …Aïe! 

Vigilant, il va regarder les avis des voyageurs. Catastrophe, il faut 20 minutes aller pour prendre la voiture, alors que nous, il est prévu qu’on parte vers le nord  mais surtout, c’est une personne qui vous attend à l’aéroport … sauf que c’est arrivé qu’elle ne vienne qu’après un retard conséquent. Illico, Nelson annule la réservation et l’assurance avec.

Nous nous tournons vers Rental cars avec qui on a toujours eu de bonnes expériences. Sur le site, on réserve à Keldy que je ne connais pas, une seat leon. Nous prenons l’assurance en plus et un conducteur en supplément…

Arrivés à l’aéroport Cristiano Ronaldo (et oui ce champion est madérien) nous cherchons le loueur qui en fait est dans le même bureau que Europ car.

Une longue et fastidieuse discussion en portugais entre Nelson et le loueur…On nous réclame 27 euros en plus par jour, disant qu’on n’avait pas payé le conducteur supplémentaire (c’est écrit en tout petit petit que le solde est à régler sur place) bref entre ce que tu crois payer sur internet et ce que tu payes à l’arrivée, il y a une sacrée différence.

Et nous n’avons pas eu de Seat leon mais la crosse rover Citroën…belle voiture mais qui n’a rien sous le capot.

Résultat pour grimper la ôte qui menait à notre premier hôtel, je suis restée en première!!! Impossible de passer en seconde. Inutile de dire que sur le coup je me suis dit « merde on va rouler en première toute la semaine!!! » Heureusement cette grimpette était la pire mais il y a eu d’autres montée ou savoir jouer avec l’embrayage a été salutaire!

Mais revenons à notre récit.

Donc on décide de faire le tour de l’île en commençant par le nord au contraire de beaucoup de circuits étudiés sur internet.

Dernière chose avant le départ, faire les valises…Un petit coup d’eil à la météo. Aïe, de la pluie en perspective mais je sais que la température au plus fort de l’hiver ne baisse jamais en dessous de 13 ou 14 ° et que le climat est sub-tropical donc je prends des affaires  « printemps » , pantalons légers, tee-shirt,  un polaire et un ciré et bien sûr les chaussures de randonnée. Parés, pour le départ.

JOUR 1

VOL NANTES- LISBONNE-MADÈRE (Aéroport Cristiano Ronaldo) par Transavia.

Debout à 4h30 pour un vol au départ de Nantes à ……… il faut encore garer la voiture au parking longue durée que nous avons pris soin de réserver. Arrivés devant la barrière …Nelson sort le récépissé de réservation avec le code barre à scanner…Dans le vent cela ne fonctionne pas! On décide donc de prendre un ticket et de filer ne voulant prendre aucun retard. Bien nous en pris car on aura finalement qu’un petit quart d’heure d’avance dans l’avion avant le décollage. Nous sommes les derniers à monter alors qu’on avait pris 2h30 avant le vol et enregistré nos billets…Comme quoi, aujourd’hui il ne faut plus traîner quand on prend l’avion, les passages en douane sont lents surtout quand vous être choisis aléatoirement pour une fouille plus conséquente…Style retirer ses chaussures de randonnée qu’on met trois plombes à mettre et à lacer!!!

Bref ça y est on est dans l’avion prêt à décoller.

Petit creux rempli grâce au café-croissant vendus dans l’avion par un personnel charmant. Un coup d’oeil au hublot, le jour se lève et le spectacle est féérique, j’ai de la chance je suis du bon côté. Un coup d’oeil au hublot, le jour se lève et le spectacle est féérique, j’ai de la chance je suis du bon côté.

Escale à Porto…prévue pour 35 minutes qui s’allongera à 55 minutes à cause du brouillard épouvantable qui entoure Porto. Enfin on est autorisé à décoller…Arrivée à Madère à 10h30. Prise en charge de notre voiture en vérifiant bien toutes les bosses et éraflures de la voiture. Je prends le volant. Nous ne revenons pas sur l’interminable discussion lors de la prise en charge de la voiture!

La balade au bout du monde

C’est moi qui avais élaboré le circuit donc je savais quelle direction prendre : Machico, puis Caniçal  pour faire la randonnée du Ponta Sao Lourenço qui est à l’est de l’île. Avant d’entamer notre marche, nous nous arrêtons à un petit bar très sympathique pour boire et café et acheter un sandwich fait maison.

Nous repartons. Au loin on voit le parking déjà bien rempli…il est 11h30.Nous trouvons une place et c’est parti pour le PR8 de 4km aller et 4 kms retour.

Il y a pas mal de monde qui commence le sentier en même temps que nous et nous décidons de manger notre sandwich dès le début, au bord du sentier assis sur un gros rocher…Dès notre arrivée des lézards se précipitent à nos pieds. Ils ont bien compris que des miettes allaient tombées! Nous en trouverons partout sur le parcours dans et sur les rochers, pas farouche du tout. D’ailleurs quand j’attendrais plus tard sur un banc de pierre, un d’eux viendra me mordre le bout de doigt qui traînait sur la pierre…sans rien à manger au bout!!!!

Le flux de visiteurs s’est un peu tari…il est 12h30. Nous repartons. Le sentier a des montées et des descentes qui empêchent d’appréhender le paysage de loin, tant que l’on n’est pas au bord des falaises. Le chemin commence gentiment avec une pente douce qui débouche sur un paysage éblouissant, avec une crique où l’on peut se baigner mais ce sera pour une autre fois!

Youpi une descente…

Au bout de cette petite pente, un petit promontoire est aménagé pour souffler un peu et surtout pour admirer une vue à couper le souffle.

Les couleurs des falaises contrastant avec le bleu de l’océan, un enchantement pour le regard. Les dimensions des paysages sont dantesques, à la hauteur du chaos que fut l’émergence de la lave au moment de la création de l’île.

Après cette pause bienfaisante pour le souffle et pour l’émotion esthétique, nous repartons.

Le chemin monte de nouveau avec un escalier qui grimpe pas mal. On attaque les choses sérieuses : Une montée raidasse où je dois reprendre mon souffle deux fois, cela me permet d’admirer au loin une arche creusée dans le  promontoire rocher. Les cercles que l’on voit aussi dans l’eau : l’aquaculture.

Le long du sentier, des roches ocres et rouges avec par endroits les plis  de la formation des différentes strates volcaniques de la roche qui a commencé il y a 7 millions d’années pour se terminer à 1,8 millions d’années…Cela nous offre des images de rochers grandioses.

On voit sur cette photo les proportions incroyables des rochers immergés grâce au point blanc qui est un bateau à gauche…Il faut savoir que la masse de terre immergée n’est que d’un tiers de la totalité du bloc volcanique sous marin.

La démesure est au rendez-vous. Les fourmis sur le dos de la montagne sont des randonneurs…Cela donne idée de la majesté du paysage. Le début du sentier et le parking sont tout au fond. Et quelque soir où notre regard se pose ce n’est que beauté et magnificence.

Le chemin continue de grimper sans interruption et je n’ai plus de jambe… Je monte une côte qui pour moi doit cacher l’arrivée… Et bien non , la fin est encore très loin. La mise en train du séjour est un peu rude pour moi et j’abandonne.

Nelson poursuit seul. Un établissement pour faire une pause la casa de sardhina, si j’avais su quà proximité il y avait la félicitée… j’aurais attendu Nelson là bas!!! La fin du sentier est en haut de la pente que l’on voit là-bas…Loin!

Au retour Nelson me dira que même pour lui ce fut dur…Mais le résultat est à la hauteur de ses efforts : La Ponta de Sao Lourenço s’étire majestueusement dans l’océan.

Voilà la fin du promontoire de Sao Lourenço et quand on se retourne on voit tout le chemin parcouru avec tout au fond le parking!

C’est la fin de la balade après un retour aux nombreuses pauses pour moi  et enfin la voiture.

Belle mise en jambe car n’oublions pas que nous nous sommes levés à 4h00 du matin.

Nous avons hâte de rejoindre notre premier hôtel et profiter du SPA…Pendant la balade, le temps était splendide et maintenant direction Santo Antonio da Serra pour rejoindre notre hôtel « Porto Bay Serra Golf ».

Comme je l’ai dit au commencement de ce récit, la voiture a eu un mal de chien à grimper la route pour arriver à l’hôtel…c’est moi qui suis au volant et je ne suis pas fâchée enfin de reconnaître l’hôtel où nous arrivons vers seize heures.

La vieille bâtisse de style Madérien est  devant moi telle qu’elle était présentée sur le site de réservation. En s’éloignant du bord de mer le temps est devenu plutôt maussade et l’on sent que nous avons grimpé en altitude malgré le peu de kilomètres parcourus. Cet état de fait sera une constante tout le temps de notre séjour, l’île en son centre concentre les nuages tandis que la côte est le plus souvent dégagée.

Je n’ai qu’une hâte : me plonger dans la piscine. Après les formalités d’usage, nous prenons possession de notre chambre, spacieuse donnant sur le jardin.

Nous filons à la piscine située derrière le bâtiment principal. Nous sommes seuls et profitons pleinement de l’instant. Il y a un petit sauna que nous n’utiliserons pas préférant nager et user des jets puissants intégrés à la piscine. Après une demi-heure, le temps de bien nous délasser, nous décidons de ressortir, voir un peu les alentours.

La rue principale traverse de chaque côté des anciennes maisons très endommagées pour certaines, voire abandonnées. Nous arrivons dans ce qui semble être le centre avec café et magasins d’alimentation.  Deux camelots sous des parasols vendent leus produits traditionnels : l’une la poncha, boisson typique de Madère composée de rhum, de miel e de sucre de canne. Et l’autre des bolo de caco, un pain cuit tartinée de beurre et d’ail. Nous achetons quatre pains. Deux que nous engloutissons de suite, car nos petit sandwich est loin, et deux que nous gardons pour la randonnée de demain. Malgré le crachin, nous dégustons notre trésor bien chaud sur un banc mais il commence à faire froid, nous revenons à l’hôtel.

Dans le salon, quatre jeunes filles sont installées avec devant elle un présentoir à gateaux….et de belles théières de porcelaine. Tout ce que j’aime!

À notre tour on va  s’asseoir dans de gros canapés bien confortables pour déguster thé et gâteaux. Nelson va chercher l’ordinateur dans la chambre pour que l’on visionne nos premières photos.

Les scones sont à peine sortis du four et fondent dans la bouche…un délice. La journée s’étire paresseuse et j’avoue qu’après la randonnée c’est un plaisir de s’abandonner dans ce salon où désormais nous sommes seuls.

Le temps est moins mauvais, aussi nous décidons de repartir vers le village.  Un petit coucou à l’église, qui est bâtie sur le même plan que les autres églises de Madère, basée sur une croix latine avec à l’intérieur les principaux points saillants.

Nous ne prenons qu’une photographie rapide car des enfants sont là prêts à une séance de préparation ou de catéchèse…Nous ne voulons pas les déranger dans leur vie quotidienne de paroissiens.

Il semble que la restauration des azulejos fixés sur les murs soit récente.

Puis nous partons à la recherche d’une carte détaillée de Madère où nous pourrions mieux voir les différentes randonnées. Nous allons boire un café dans un petit bar qui a une superbe vue sur les collines…mais la visibilité est trop mauvaise pour faire une photo avec l’iphone et nous n’avons pas l’appareil. Tant pis!

Le serveur nous indique un autre bar qui vendrait des photos, c’est parti et effectivement, posées pêle-mêle dans une vitrine nous attend. La patronne nous confie les clefs de la petite vitrine pour qu’à loisirs on fasse notre choix…Nickel.

Après cela, nous reprenons la voiture et partons à l’aventure vers une route à l’ouest…On fait quelques kilomètres sans trop savoir où la route nous mènera. Le paysage ressemble à celui aux alentours de Coimbra au Portugal, avec des forêts d’eucalyptus sur des pentes abruptes. Partout on voit des travaux pris en charge par la communauté européenne sur la sécurisation des écoulements d’eaux…Et effectivement dans de nombreux endroits la terre est ravinée, laissant apparaître des trous de terre béants, certainement dûs à des glissements de terrain. On voit également beaucoup de maison en ruine ou à vendre. un panneau nous indique Funchal, il faut rebrousser chemin et rentrer à l’hôtel.

Le soir, dodo après avoir visionné un épisode de Lucifer…Inutile de dire que je tombe de sommeil.

JOUR 2

San Antonio da Serra – Santana

Le petit déjeuner est servi à partir de 7h30. Nous sommes le deuxième couple à arriver dans la salle à manger qui est assez petite. Un buffet bien garni nous est proposé…J’ai faim. Les produits sont frais et de bonne qualité, avec des confitures faites maisons, les mêmes que celles proposées au goûter la veille. J’apprécie particulièrement celle à la fraise. Petit à petit la salle se remplit avec des hôtes allemands pour la plupart, excepté un jeune couple de français.

Le jeune homme va se servir une coupe de vin pétillant, je l’imite.. Les autres personnes nous regardent un rien amusés!  Ah ces français semblent-ils dire! Je ne sais plus pourquoi mais je me suis mises à rire renforçant ainsi l’attention sur moi…Bref, un petit déjeuner joyeux.

Départ vers Santana, c’est à Nelson de prendre le volant. J’avais repéré la veille le carrefour qui menait à Santana qui était proche de l’hôtel, je savais qu’il fallait prendre la ER102. La route, grimpe, et grimpe encore avec une succession de virage…le petit déjeuner n’étant pas loin, j’espère qu’il va tenir dans mon estomac !

Découvrir Madère, cela implique de parcourir ces petites routes plutôt que prendre les nouveaux grands axes qui certes sont plus sécurisées et meilleures mais qui traversent de très nombreux tunnels qui sont très longs et vous masquent les paysages grandioses.

Au détour d’un virage, on découvre une vue impressionnante sur Porto da Cruz.

Vue sur Porto da Cruz-Madère

Il n’a y a plus qu’à descendre pour se retrouver sur la côte où le ciel est plus dégagé qu’à l’intérieur des terres. Nous voulons visiter la fabrique de rhum, répertoriée dans de nombreux guides. C’est parti pour une descente sinueuse. Je suis étonnée que les maisons n’aient pas vraiment de style et soient souvent relativement récentes. Nous voyons peu de maison en pierre et il y a beaucoup de maisons abandonnées, dont la construction a été stoppée. Comme dans toute l’Europe, l’île a été affectée par la crise et malgré les aides européennes pour les gros travaux d’infrastructure (route, tunnels et ponts), le quotidien des madériens a subi une cure d’austérité.

Nous arrivons au centre de la ville de Porto Da Cruz, désert, nous sommes dimanche…Et bien sûr, la fabrique de Rhum est fermée! Nous sommes habitués en tant que vendéens, département touristique, à ce que les lieux emblématiques soient ouverts tous les jours…! Nous nous contenterons d’un petit tour au bord de la mer.Une petite plage de galets est nichée au pied de l’immense rocher.

La route  contourne un rocher qui s’avance dans la mer…nous pensons revenir dans la ville par un autre chemin…Mais au bout, c’est une impasse ! je peux  malgré tout avoir un autre point de vue, vers l’est de l’île.

L’heure avance et si nous voulons faire la balade du parc de Queimadas et la randonnée de la caldeira verde, il nous faut bouger ! Je reprends la carte pour trouver le point de départ de la randonnée… Nous arrivons à Santana qui nous indique Queimadas à droite mais cela ne correspond pas à la carte qui nous indique un départ sur la route de picos de piedras, ce que nous suivrons. et effectivement après deux ou trois kilomètres, un panneau indique le parc de Queimadas…avec un parking aménagé. De plus deux ou trois voitures arrivent après nous et des randonneurs s’équipent près à marcher.

Je pars devant et emprunte le sentier. Sur la gauche, je vois des maisons qui imitent les maisons traditionnelles de Santana aux toits pointus qui semblent désertées. C’est sans doute un complexe hôtelier désormais fermé, rien à voir avec la maison forestière dont parle les guides!

Je continue malgré tout et débouche sur l’entrée d’une superbe forêt avec des arbres magnifiques: la luxuriance commence là. Nelson me rejoint alors que je photographie cet arbre couvert de mousse et de fougères.

Après deux kilomètres, nous arrivons au vrai départ du parc forestal de Queimadas…! En fait la première indication que nous avions vu  à Santana était bien la bonne mais elle n’était pas sur la carte que nous nous étions procuré à San Antonio de Serra, trop vieille sans doute.

Maison forestière du parc forestal de Queimadas – Madère

À côté de cette belle demeure transformé en musée local, une petit maison est devenu un petit café où l’on trouve de quoi se restaurer : pâtisseries, chocolat, café avec à l’intérieur un petit pôele et à l’extérieur des tables. Autant prendre un café avant d’attaquer les choses sérieuses: 6,5 kms aller – 6,5 kms, retour. Après notre mise en jambe au Ponte de Sao Lourenço, on double la mise!

Prête pour une marche de 5h, un dernier cliché sous ce superbe azalée.

Cet arbre magnifique va me donner l’énergie…Cette forêt laurifère (laurisylva) est classée au patrimoine  naturel mondial de l’UNESCO. Cette forêt primaire d’environ un million d’années,  est riche  d’une biodiversité abondante d’espèces de flore et de faune endémiques. Dans les temps anciens, elle s’étendait du sud de l’Europe au nord de l’Afrique du Nord, mais n’ayant pas résisté à l’ère glaciaire, elle n’a subsisté que dans quelques endroits de Micronésie. C’est à Madère qu’elle est la plus vaste en occupant plus de 20 % de l’île.

Nous photographions l’arbre le plus populaire des Queimadas qu’on retrouve sur tous les blogs de tourisme, emblème de cette forêt d’exception.

Après avoir parcouru un sentier large au milieu des arbres, nous attaquons la levada, le chemin se rétrécit et nous entamons le parcours à flanc de colline.

Une levada est un canal d’irrigation qui permet d’irriguer le sud de l’île qui bénéficie de moins de précipitation que le nord-ouest de Madère. Les premières dates du XVIème siècle et la plus récente fut construite en 1940.

Maintenant que nous suivons le flanc de la montagne, on découvre à notre droite la vue sur la montagne avec au loin une cascade qui dégringole…

Tandis que nous croisons une cascade sur notre chemin.

La vue sur les montagnes est désormais une constante. avec ette photo on voit bien la différence entre le climat à l’intérieur de l’île dans massif San Jorge et la côte qui est plus souvent sous le soleil.

Nous arrivons au croisement où le caldeiro inferno part à droite et le caldeiro verde continue. Il faut attaquer la portion de la randonnée où nous devrons passer des tunnels. Nous n’avons qu’une lampe pour deux, Nelson prendra son iphone.

Un couple d’anglais tente de passer sans lampe et renonce très vite…La dame obstruant le passage, j’ai failli tomber dans la levada…Avant de commencer, nous faisons des essais!

Le chemin rétrécit encore un peu plus avec la levada et le flanc de la montagne à notre gauche et le vide de la falaise à notre droite. Je me concentre davantage sur chaque pas, tout en admirant le paysage. Désormais, il faut laisser le passage quand on croise quelqu’un…

Le sentier débouche sur aire très large au creux de la montagne, il semble que nous soyons arrivés au bout de la levada. Un escalier monte, il faut trouver l’énergie pour grimper! Allez encore un dernier effort.

Enfin, nous sommes dans le chaudron vert! La cascade est immense, comme vous pouvez le voir sur la première photo, c’est moi toute petite forme sur la gauche…C’est un lieu magique. Il n’y a pas trop de monde, un couple et un groupe de quatre personnes. Après avoir pris nos photos et immortalisé l’instant en tai chi man and tai chi woman, nous nous mettons à l’écart pour manger un peu, avant de repartir

 Le même chemin au retour.  Nelson me demande si l’on pousse jusqu’au caldeira inferno… Non, pour moi c’est bon, d’autant que l’on est pas encore au bout…Heureusement, le panorama stimule mon entrain pour continuer avec plaisir.

J’arrive à la maison forestière fourbue! Nelson plus en forme que moi décide d’aller chercher la voiture sur le parking et de revenir me chercher par la route…Je ne dis pas non et m’installe sur une des tables du café. Il ferme à 18 heures cela lui laisse une heure. Le soleil décline et le froid et surtout la fatigue m’engourdissent et je rentre à l’intérieur et demande un chocolat bien chaud avant de m’installer près du fameux poêle.

Trois quart d’heure après, j’entends « vous n’avez pas vu ma femme ? » adressé à la serveuse…je me lève et nous partons vers la voiture les muscles bien endoloris. Mais je suis fière d’avoir réussi à faire les 17 kilomètres.

Il était temps, le ciel se charge de gros nuages quand on reprend la route.

Direction la Quinta de Furao, un hôtel 4 étoiles perché sur la falaise après Santana.Nous n’en sommes pas loin et je sais que je vais pouvoir bénéficier de la piscine et du SPA! j’ai hâte …

Pendant que nous faisons le check in à l’accueil, je vois un écriteau proposant des massages… aussi je lui demande si c’est encore possible aujourd’hui… Elle regarde son cahier et me dit que la personne termine à 19h et qu’elle va lui demander si c’est possible de me prendre après. Il est 17h30, je me dis que c’est parfait, le temps de nous installer dans nos chambre et d’aller nous délasser dans la piscine et je serai prête…

La chambre est spacieuse et la vue est magnifique.

C’est là que l’aventure des boulets en vadrouille commence…Après être remontés dans la chambre pour enfiler notre peignoir, nous voulons rejoindre la piscine… Ne pouvant plus marcher, j’ai voulu prendre l’ascenseur et on s’est retrouvé dans un rez de chaussée, dans une salle de billard, j’ai ouvert une porte qui se trouvait celle du salon de massage, dérangeant la masseuse, puis celle du sauna mais que nenni de la piscine. Nous avons repris l’ascenseur et sommes sortis dans le hall au milieu des gens qui s’enregistraient à l’accueil! Dignement nous avons traversé la salle pour rejoindre l’escalier qui menait à la piscine que nous n’avions pas pris en bas…! Un fou rire nous a pris évidemment de tourner dans les couloirs de l’hôtel dans nos peignoirs avec nos têtes de randonneurs épuisés!!

La séance piscine-spa fut un délice. 19H, nous sommes remontés pour la séance massage. En fait j’attendrai une demi-heure dans le hall car la cliente avant moi a sans doute prolongé le temps de massage. En tout cas, quand ce fut mon tour…un délice, mes jambes ont grandement apprécié cette relaxation!

Il  est temps d’aller nous attabler autour d’un bon repas, le premier depuis notre arrivée à Madère. La salle du restaurant est immense et notre table donne sur l’océan et les falaises…encore une fois c’est grandiose.

Nelson choisit l’espadon à la banane, un plat très traditionnel tandis que je prends des brochettes de « vaca » (boeuf) accompagnées d’une patate douce et d’une pomme de terre fourrée. Je me régale et la viande est vraiment très tendre. Après notre repas, nous partons dans notre chambre, inutile de me bercer, je tombe d’un sommeil lourd jusqu’à 5h30…

Après notre repas, nous partons dans notre chambre, inutile de me bercer, je tombe d’un sommeil lourd jusqu’à 5h30…Je me lève sachant qu’on est à l’est et que le soleil doit se lever

JOUR 3

Santana-Porto Moniz

Quelques minutes encore et le soleil perce les nuages.

Aujourd’hui, l’étape est assez longue mais sans grande difficulté puisque nous ne choisissons pas de randonner. Nous partons pour le petit-déjeuner, il est 7h30.

Nous sommes dans les premiers arrivés et pouvons nous installer près des fenêtres et avoir la vue sur les falaises.

Le buffet est très très bien garni et de produits frais. C’est la corne d’abondance avec des pains de toutes sortes dont des queijedas au fromage, des miels variés et des confitures faites maison, des fruits et des jus du pays, des oeufs brouillés d’une grande finesse cuits à point, et des pancakes et des omelettes à la demande, bref on se régale.

Aujourd’hui, c’est moi qui suis au volant, je regarde la carte avant de partir, nous allons essayer de suivre la côte. Au sortir de l’hôtel, et avant de prendre la route, nous flânons encore un peu autour de l’hôtel, ce qui nous permet de visiter la maison traditionnelle et d’apprécier la beauté des jardins.

Leucospermum cordifolium…dite tête d’épingle
Des protea cynaroide « little Prince »

Je connaissais les oiseaux de paradis mais je découvre les Leucospermum-cordifolium dite tête d’épingle, ces fleurs jaunes sur lesquelles on s’est mépris Nelson et moi pendant notre repas à l’hôtel. En effet elles donnent l’impression d’être en plastique!!! Et il a fallu qu’on les voit magnifiques dans le jardin pour se dire Ah ben non, elles sont vraies!!!

Il nous faut maintenant partir. Nous prenons la direction du rocher du Navio où se trouve l’un des téléfériques qui se trouve tout près de Santana. Il est encore tôt et le soleil a du mal à s’imposer. Nous suivons une route qui débouche sur une impasse et au bout, en contre bas le téléphérique…Je me demande s’il est ouvert quand un homme sort dehors et nous regard. Nous descendons donc vers lui . Nelson s’adresse à lui en portugais: la descente trois euros.

Ok, c’est parti. Je demande combien de temps nous devons rester en bas avant de pouvoir remonter car au regard de la perdition du lieu, je ne veux pas rester coincer en bas du rocher du navio!  L’homme nous dit qu’il va boire un café et revient dans un bon français nous expliquant qu’il a travaillé longtemps en France avant de revenir sur madère. J’insiste disant pas plus d’une demi heure car nous devons repartir…

La vue est impressionnante d’en haut! On ne voit pas âme qui vive, simplement des parcelles de terre. L’homme nous a aussi précisé qu’on pouvait voir une sorte de maison musée…

Rocher du Navio

C’est parti pour jouer  de Robinson Crusoe sur ce bout de rocher, battu par les vents et par les vagues de l’océan. Nous arrivons sur une plage de gros galets noirs et tentons une pause tai-chi en vain! Aucun équilibre possible sur ces gros rochers.

Nous poussons nos investigations grimpant le long d’un petit sentier qui mène aux maisons. Cactus, canne à sucre, capucines…curieux assemblage qui a le charme des paysages insolites

Les gens ont toujours résolument utilisé le moindre bout de terre pour cultiver. Au XVIIIe siècle, c’était la canne à sucre puis la production a été concurrencée par les nouveaux pays. Puis il y eut le temps de la disette quand à la guerre de 1914-1918, l’île ne fut plus ravitaillée. Aujourd’hui, ce sont les bananeraies qui sont plantées partout sur l’île , y compris sur ici, même si c’est dans une moindre mesure.  Certaines parcelles semblent être délaissées tandis qu’on aperçoit trois hommes travailler la terre derrière des paravents de feuilles de bananiers.

Une autre personne viendra se perdre comme nous sur ce bout de rocher. Nous repartons espérant que nous serons remontés sans problème…La porte semble fermée…mais non, un autre homme, est là, de permanence pour nous faire remonter. Je le plains de devoir rester là toute la journée. Nous repassons par Santana pour boire un café car la température est descendue. C’est l’occasion de faire un autre cliché des maisons traditionnelles…

Nous quittons Santana par la route ER101 en direction de Sao Vicente. Nous nous arrêtons pour voir l'église  de Sao Jorge, qui est la plus grande église baroque de l'île. Son intérieur est ornementé de dorures comme la plupart des églises de l'île. Elle fut construite au XVIIe siècle. Cette église paroissiale présente une façade principale avec une fenestration inhabituelle pour la région, puisque le portail est surmonté de trois fenêtres à tablier et que dans le tympan se dresse une autre fenêtre flanquée de pilastres qui soutiennent une corniche.

Nous reprenons la route, le ciel est très chargé et nous craignons que le temps tourne à la pluie, ce qui n’est pas très grave puisque dans les grottes de Sao Vicente, notre prochaine visite, nous serions abrités.  La route initiale le long des falaises est désormais interdite à la circulation. Nous arrivons à Sao Vicente sous le soleil. Au loin nous découvrons dans le paysage une petite église qu’il nous faudra visiter après…

Nous mettons un certain temps à trouver les grottes car elles sont indiquées à deux endroits différents et la route est à deux voies et il est compliqué de faire demi tour…Après avoir compris le sens de circulation, nous stationnons sur le parking qui se trouve en face du centre volcanique. Une passerelle pour les piétons a été aménagée. J’ai un petit creux et je profite de cet arrêt pour manger le dernier sandwich…un peu rassis! Une guide touristique attend ses clients, je vais la voir pour avoir son avis sur les grottes…c’est paraît-il très bien.

Nous prenons nos tickets avant de suivre le guide dans les méandres des grottes. Les Grottes de São Vicente datent de 890000 années, au moment de l’irruption volcanique de Paul de serra. En fait ce sont des couloirs de lave dont la partie extérieure s’est solidifiée au contact de températures plus basses tandis que la lave en fusion continuait de s’écouler.

Ces tunnels ne présentent aucune concrétion. La visite est donc un peu longue car c’est la même vision sur 1 km…Quant au centre de vulcanologie, on y apprend comment s’est formée l’île de Madère mais les animations vieillissantes demanderaient un relooking. Pour ma part, je n’ai pas trop apprécié cette visite où je me suis ennuyée. Elle est parfaite pour les enfants.

Quand nous sortons le temps change de nouveau. Il nous faut aller à la chapelle avant d’être entièrement happés par les nuages…

Oh que ça grimpe…l’escalier est bien raide et je dois m’y reprendre à deux fois avant d’arriver au bout!

La vue du haut du promontoire est superbe. Le ciel se confond avec la mer au loin…

On redescend, il était temps deux ou trois voitures de touristes se garent en contrebas…Direction Seixal et la plage noire…es ses falaises à pic qui tombent dans l’océan.